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Patrick JOLY

Le Coureur

Lougre de guerre

C1 PJoly 10

Caractéristiques

Données numériques
Les dimensions principales sont

  • 66 Pi de longueur,
  • 20 ½ Pi de largeur et 10 Pi 5 Po de creux.
  • Son déplacement est de 120 Tx.

Contexte historique

Les lougres de guerre font partie, ainsi que les cotres, des bâtiments légers, ou avisos, de la marine de la fin de l’ancien régime. Ces deux types de navire seront ultérieurement évincés par les goélettes et surtout par les bricks. Leurs missions sont la reconnaissance, l’escorte et la transmission de dépêches et d’ordres.

Le premier lougre, nommé l’Espiègle entra en service en 1773, dix autres navires de ce type furent construits jusqu’en 1782, dont le Coureur. Ils furent réalisés par Daniel Denÿs, constructeur dunkerquois dont voici un aperçu des états de service.
Natif de Dunkerque, Daniel Denÿs est à l’origine un constructeur de navires marchands.

  • 1756
    Entrée au service du port de Dunkerque pour y effectuer divers travaux d’aménagement et d’entretien naval.
    Il y construit le premier cotre à clin français, Le Tiercelet armé de 6 canons de 4£.
  • 1757
    Construction de La Terpsichore, frégate de 22 canons de 6 £, pour l’armateur Bodin, qui la vendra au roi.
  • De 1758 à 1770
    il effectue divers travaux au port, dont la construction de deux chaloupes canonnières, La Flamande et La Picarde armé d’1 canon de 24 £.
  • 1771
    Construction du cotre La Puce de 45 Pi de longueur et armé de 6 canons de 3 £
    Reçoit  fin décembre le brevet de sous-ingénieur constructeur de la marine
  • 1773
    Construction du lougre L’Espiègle de 8 canons de 4 (60 pieds).
  • 1776
    Constructions des lougres :
    Le Chasseur de 10 canons de 4 £ (72 pieds).
    Le Coureur de 8 canons (6 de 2 £ et 2 de3 £) (66 pieds).
  • 1777
    Construction de la gabare La Boulonnaise de 4 canons 4 £ à Boulogne.
  • 1778
    Constructions des chaloupes canonnières La Couleuvre et La Bruyante de 1 canon de 24 £.
  • 1779
    Construction des cotres :
    Le Pilote et Le Mutin de 14 canons de 6 (75 pieds).
    Le Serpent et La Levrette de 18 canons de 6 £ (81 pieds).
    Des chaloupes canonnières Le Cerbère et La Furieuse de 1 canon de 24 £.
    Constructions des cotres Le Cerf*, Le Chevreuil, Le Hussard de 14 canons de 6 £ (81 pieds), réalisé à St-Malo
  • 1780
    Constructions des cotres Le Pandoure et Le Clairvoyant de 14 canons de 6 £ (75 pieds).
  • 1781
    Constructions des cotres L’Espion, Le Fanfaron, Le Malin et Le Lézard de 18 canons de 6 £ tous de 81 pieds de longueur).
  • 1782
    Constructions des lougres Le Pivert, Le Vanneau, Le Tiercelet, Le Gerfaut de 4 canons de 3 £ (67 pieds).
    Constructions des lougres Le Courrier, Le Sylphe, Le Ballon de 4 canons de 3 £ (67pieds) réalisé à Boulogne.
    Constructions du lougre Le Cerf-Volant  de 4 canons de3 £ de 67 pieds de longueur réalisés à Calais.

Le Coureur sera capturé par le cotre HMS Alert de 12 canons de 6, le 17 juin 1778, lors du premier combat anglo-français de la guerre d’indépendance américaine. Durant cette action, M. de Rosily a choisi de sacrifier son navire en tenant à l’écart le cotre britannique et en permettant à la frégate la Belle-Poule de lutter à armes égales avec la frégate HMS Aréthuse, lui faisant rompre le combat.                     

Cette capture est à l’origine du relevé anglais conservé au National Maritim Museum. Un ensemble complet de plans, comportant six vues différentes, montrant l'élévation, le vertical intégrant le tableau arrière et son décor, la coupe au maître montrant la section de la membrure, une vue horizontale donnant les lignes d'eau et le contour du pont, et pour terminer deux autres vues en plan donnant le détail du pont et des différents planchers et niveaux de la cale.  Ceci nous renseigne parfaitement sur les aménagements intérieurs français et notamment sur les chambres et le carré destinés à l'état-major. Egalement visibles, dessinés en pointillé, les travaux de transformation  pour son incorporation dans la marine Anglaise.

Le modèle est construit a l’échelle du 48ème suivant la monographie de Jean Boudriot & Hubert Berti.
Elle a débuté par une étude de la charpente suivie de la réalisation d’une coque prête à recevoir l’artillerie et ensuite l’installation de la mâture et de son gréement particulier.

* : Voir édition Ancre, la monographie du Cerf de Jean Boudriot.

 


La charpente

Ce travail est un essai de reconstitution, fait à partir de la vue montrant les différents éléments de la membrure au maître couple et de la distribution de celle-ci sur la quille, figurant dans la monographie de Jean Boudriot. En partie centrale seuls les couples de levée ont été représentés.

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Vue par la hanche tribord. On remarque la légèreté de la charpente. Il faut signaler que les entailles destinées à recevoir les bordages à clins ont été supprimées en vue du bordé (finalement non réalisé).

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Vue de bâbord avant. La charpente d’étrave est constituée uniquement de couples dévoyés. En effet, les lignes de ces petits bâtiments étant fortement effilées, l’utilisation d’allonges d’écubiers ne se justifiait pas.

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Vue de poupe. Le tableau et la voûte d’arcasse respectent fidèlement le tracé de Jean Boudriot.
On peut deviner la finesse des lignes du Coureur.

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Vue plus détaillée de la photo précédente. On peut distinguer la carlingue et ses entailles là où les couples de remplissage sont absents. Bien visible, la structure légère de la membrure, constituée uniquement d’une varangue, d’un genou et d’une allonge.

 


Le modèle / Vue d'ensemble

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Vue par la hanche bâbord. On peut apprécier la finesse des lignes, les lougres de guerre étaient des navires taillés pour la vitesse. Le décor du tableau de poupe est assez sophistiqué pour un aussi petit bâtiment, cependant les fenêtres sont factices.

Vue ¾ tribord avant. On voit l’élégance de la carène et la disposition des bordages au niveau de l’étrave.

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Vue d’ensemble du pont, on distingue l’habitacle des compas, suivi de la claire-voie du carré et du capot de l’échelle de l’état major. Plus vers l’avant, le canot est posé sur ses chantiers.

 


Le modèle / Détail

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Vue tribord sur la plage arrière. De gauche à droite, on trouve, l’écoutille de la soute du maître canonnier, un bitton (qui sera ultérieurement remplacé), l’habitacle des compas, la claire-voie du carré, le capot de la grande échelle et, accolée à ce dernier, une autre claire-voie pour les chambres d’officiers.

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Gros plan sur l’habitacle des compas, Il est fixé au pont par des petits cordages convenablement bridés.
Les panneaux à coulisse laissent apercevoir l'emplacement des deux compas et en partie centrale la bougie servant lors de la navigation nocturne.

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Gros plan sur le canot qui est également bordé à clins. Il est posé sur son chantier qui est légèrement déporté sur tribord. Le gouvernail sera déposé dans le fond de l'embarcation ou posé simplement sur les bancs de nage,  dès que l’embarcation sera définitivement fixée au navire.
Sur le premier banc à l’avant se trouve un collier en fer servant d’étambrai au mat. La mature est liée sur les bancs à tribord. Les avirons sont posés dans le fond. On peut voir les six tolets de nage.

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Gros plan sur le guindeau et le bitton de beaupré. Réservé aux petites unités, le guindeau remplace le cabestan dont la manœuvre, sur le Coureur, aurait été quasi impossible vu la disposition de son pont.

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Le beaupré passant à bâbord de l’étrave, son bitton est légèrement décentré. Ce dispositif permet de rentrer le beaupré en cas de besoin. On peut voir les linguets soutenus par des courbes et l’assemblage des fortes flasques du guindeau. Ce dernier, servant également de grande bitte, devait être fortement lié au pont.

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Pour terminer, ce gros plan sur le tableau de poupe en forme de fer à cheval très aplati. Le décor se limite à peu de chose, au centre les armes du Roi avec des attributs marins et entre les lisses, le nom du navire inscrit sur une banderole.

Le modèle ici présenté est actuellement en voie d’achèvement et fera prochainement l’objet d’une autre série de photos montrant la mise en place de l'artillerie et du gréement typique à cette sorte de navire.

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