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Georges LOWART

La Renommée

frégate de 8 £

Le modèle

Modèle d’arsenal construit à l’échelle du 1/36 ème.

La Frégate est construite en traitant la charpente. Les deux côtés sont bordés à partir de la 22e virure.
Des ouvertures ont été pratiquées à tribord sans tenir compte des couples de levée. Voir et montrer étaient mes seuls soucis.

Je vous propose une visite détaillée et vivante de la cale et du faux- pont
en débutant chaque fois aux environs des façons de l’avant et en
se terminant par la soute du maître canonnier et par la St Barbe.
Ensuite on passe sur le pont de la batterie, sur lequel l'artillerie principal sera installé.

Un quatrième module montre la réalisation des fanaux et lanternes

Caractéristiques

  • Longueur : 124 Pi 6 Po  (40, 495 m)
  • Largeur : 33 Pi 10, 725 m)
  • Creux : 15 Pi 1 Po   (4, 908 m)
  • Déplacement : 952 tonneaux  (931, 056 t)
  • Artillerie :
    26 canons de 8 £ à la batterie
    4 canons de 4 £ sur le gaillard d’arrière
  • Rôle d’équipage :
    Ø  Etat major :
    10 officiers
    6 Garde de la Marine
    Ø Equipage :
    39 Maistrance
    6 gabiers
    109 matelots
    30 soldats
    6 hommes (divers)
    Total : 206 hommes

Contexte historique

Auparavant on parlait de frégates vaisseaux qui étaient classées en cinquième rang et possédaient un armement de 24 à 48 canons en deux batteries. Ces frégates vaisseaux étaient subdivisées en 3 ordres (*1).
5ème Rang 1er Ordre :  (*2).

Deux ponts, deux batteries complètes armées de 42 à 48 canons.
Ils ont de longueur 120 à 122 pieds de l'étrave à l'étambot,
Le 1er pont est percé de 10 à 11 sabords pour des canons de 8 ou 12 £
Le 2ème pont est percé de 10 à 12 sabords pour du canon de 6 £
Il a un château d'avant, un gaillard d'arrière et une demi-dunette.
Ils ont une galerie au niveau du gaillard d’arrière.
Certains ont leur gaillard d’arrière percé de 2 ou 3 sabords pour du canon de 4 £

5ème Rang 2ème Ordre :

Deux ponts, deux batteries dans une demi-batterie et une batterie complète avec un armement total de 36 canons.
Ils ont de longueur 115 à 118 pieds de l'étrave à l'étambot.
Le 1er pont est percé de 4 à 6 sabords  en arrière du grand mât pour des canons de 12 £.
Le 2ème pont est percé de 11 à 12 sabords pour du canon de 6 £.
Il a un château d'avant, un gaillard d'arrière et une demi-dunette.

5ème Rang 3ème Ordre :

Deux ponts, le deuxième pont armé d’une batterie complète et une batterie de gaillard,
et portant de 24 à 30 canons.
Le 1er pont n’est pas armé.
Le 2ème pont est percé de 10 à 12 sabords pour du canon de 6 ou 8 £
Il a un château d'avant, un gaillard d'arrière.
Le gaillard d’arrière est percé de 2, 3 ou 4 sabords pour du canon de 4 £.

Pour terminer La frégate légère à un pont, qui est armé de 18 à 22 canons en une batterie et dont la longueur varie de 86 à 100 pieds.  

En 1740 est construit à Brest La Médée, frégate de 26 canons de 8£ en une seule batterie, Blaise Ollivier a développé à partir de la frégate légère, un nouveau concept de frégate à un pont percé de 13 sabords et armé de canons de 8 livres avec une hauteur de batterie de 5 Pi 2 Po. Cette frégate aura un faux pont complet qui règne de l’avant à l’arrière, ceci permet de dégager la batterie qui sera à tout moment prêt pour le combat. Ses œuvres mortes seront aussi rases que possible pour privilégier le sillage.
Une différence fondamentale et déterminante pour le succès de ce nouveau type de bâtiment est certainement la hauteur de la batterie, qui avec 5 Pi 2 Po est toujours utilisable, même s’il y a de la mer et surtout si l’on combat sous le vent. (*3).

Les qualités nautiques médiocres et l’utilisation limitée de la batterie basse vont donc condamner  l’ancienne formule de la frégate à deux ponts, et on cessera progressivement d’en construire au profit d’une nouvelle formule de frégate qui dans les décennies suivantes va monter en puissance avec l’augmentation du calibre de son artillerie.
Seront construits en 1744 à Brest (*4). sous l’autorité de Blaise Ollivier, La Sirène par Luc Coulomb et La Renommée par François Clairin-Deslaurier tous deux jeunes constructeur et sous-constructeur.

Dans son ouvrage, collection Archéologie Navale Française, Jean Boudriot a choisi La Renommée, frégate de 8 en une batterie pour établir une monographie représentative de cette nouvelle classe de bâtiments.
Les critères pour ce choix ont été une documentation de base assez complète pour cette Frégate.    
Plan de capture Anglais : NMM
Projet de décor par Caffiéri :
SHM D¹ 68,f° 1
MM cl 7288
P. Morineau, répertoire de construction : Pg 139
Duhamel du Monceau : diverses références concernant  La Renommée et La Sirène

La Renommée va servir dans la Marine Royale française jusque 1747. Le 24 septembre de cette année, elle sera capturée, après un rude combat, par le HMS Dower, vaisseau anglais de 50 canons, et sera incorporée par la suite dans la Royal  Navy.

(*1).  Manuscrit B. Ollivier, (SHM 310 pg 440 à 443)
(*2).  La Néréide 1724  1er Ordre
1er pont : 10 sabords pour du 12 £
2ème pont : 11 sabords pour du 6 £
Le Jason 1724  1er Ordre
1er pont : 11 sabords pour du 12 £
2ème pont : 12  sabords pour du 8 £
gaillard d’arrière :  2 sabords pour du 4 £
L’ Aurore 1742  1er Ordre
1er pont : 11 sabords pour du 12 £
 2ème pont : 12 sabords pour du 6 £
(*3). La Frégate Marine de France  1650-1850   Jean Boudriot
(*4). Est également construit par Luc Coulomb en 1744 La Panthère, frégate légère de 20 canons de 6 £


 


Les emménagements de la Cale

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Vue partielle de la partie avant de la cale.
La présence des futailles permet toujours de voir le vraigage oblique côté bâbord et tribord. La meule du câble d’ancre. La découpe dans le panneau de la fosse aux câbles donne une vue sur la soute à gargousses de l’avant.

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Vue sur le vraigage oblique.
Les futailles à vin et à eau. La fosse aux câbles. Sous le plancher le lest volant de l’avant, soit 98 gueuzes en fonte de 100 livres, ce qui fait au total presque 5 tonnes. Le coffre à gargousses de l’avant suivi du mât de misaine.

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Détail de la soute aux gargousses de l'avant dimensionnée pour les pièces d'artillerie de 8 et 4 livres.

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La fosse aux câbles
L’armoire du fanal de soute permettant également l’éclairage des coffres à gargousses de l’avant.
En dessous du fanal, le passage pour le câble d'ancre et de part et d'autre l'emplacement des grandes bittes.

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Vue de l'extérieur de la partie avant de la cale.
La meule du câble d’ancre reposant sur le plancher de la fosse aux câbles. La découpe dans le panneau de la fosse aux câbles donne une vue sur la soute à gargousses de l’avant.

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La cale à eau située en arrière de la grande cloison avant.  Le premier plan de futailles engravé dans le lest de pierres couvrant les canons rebutés servant de lest.

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La cale à eau. Le vraigage oblique. Le lest en fer et en pierre. Les pièces de 4, de 3, de 2, de 1, quart à lard, quart à farine, barils de galère. Le bois d’arrimage, le bois de chauffage. Le caviste et sa lanterne claire.

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Autre vue à travers de la membrure de la cale à eau.

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Le caviste, sa lanterne, sa pompe à futaille. La figurine mesure 42 mm.

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Partie centrale, le puit à boulets.

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Autre vue de l'intérieur du puit aux boulets, le passage vers l'archipompe et les échelles d’accès au puit.

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Cette vue  plongeante sur l’archipompe permet de voire tous les détail se trouvant dans cette partie de la cale.

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Le puit à boulets, la cale à vin, le vraigage oblique.

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Le premier plan de futailles à eau et à vin.

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Le charpentier termine le montage des cloisons des soutes à biscuits.
On distingue un des plateaux de la balance à artifices. Le valet du commandant.
Le sac à terre et pour terminer les barils à poudre.

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Le vraigage oblique. Le deuxième puit à boulets. La plate-forme du maître-valet. Celle-ci est volante pour accéder à la cale à vin et aux autres vivres en barils. Cet endroit est également appelé Cambuse. Trois soutes à légumes, à riz et à vivres de l’état major.

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Le valet du commandant sortant de la cale à vin. La dame jeanne de 18 litres remplie.
La tête est dans la Cambuse. La figurine mesure 50 mm.

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Autre vue extérieure sur les soutes de l’arrière.

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Assemblage des cloisons des soutes à biscuits. On devine les limites du couroir des soutes. Le tas de planches, la lanterne.

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Le charpentier à l’oeuvre.

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On peut apprécier l’espace de travail exigu où l’aide canonnier prépare les gargousses.

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L’aide canonnier. La poudre en barils de 50. Le fanal de puit avec les treillis en laiton protégeant les parties vitrées. Au dessus de lui, le charpentier.

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On voit très bien les limites du puit.

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L’escalier d’accès au couroir des soutes à biscuits. En arrière la soute du maître canonier.

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Pour terminer les photos de la cale. Au centre le couroir des soutes à biscuits et en dessous, la soute à gargousses de l’arrière.

 


L’entrepont

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Détail de la charpente du pont de batterie en partie avant.
Les grandes bittes, en avant la carlingue du petit cabestan et les guirlandes.
Au niveau de l’entrepont la fosse aux liens et la cloison des soutes de la maistrance.

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La cloison limitant l’accès à la fosse aux liens est pourvue d’une double porte à coulisse.

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Le parc à moutons. Au centre deux ouvertures pour le passage des épontilles.

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La charpente du pont de batterie est prête à recevoir les hiloires. Disposées sur les faces l’avant et arrières des baux, les lattes de fixation des hamacs de l’équipage qui logeaient en entrepont pour garder la batterie dégagée.

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Gros plan sur le sept de grande drisse et l’échelle de l’équipage. Un détail d’aménagement, les lattes de fixation des hamacs.

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Au centre le grand mât garni de ses coins, en avant deux pompes royales.
En arrière du mât le sept de grande drisse. Le grand panneau est en place, une découpe est réalisée pour le passage de l’ancre de miséricorde.

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Vue générale de la partie centrale de l'entrepont.

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Vue plongeante sur la St Barbe abritant la tamisaille et le timon du gouvernail.
En avant de la cloison, l’échelle d’état-major.

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Détail.

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Gargoussiers pour pièces de 8 £

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La cloison de la St Barbe. Les étagères à gargoussiers de 8 et 4 £ et le rangement des fanaux de combat.

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Gros plan sur l’étagère à gargoussier pour pièces de 4 £, au centre trois fanaux de combat et à gauche une lampe claire. La découpe au centre de la cloison correspond au passage de la carlingue du mât d’artimon.

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Les deux vues suivantes montrent la tamisaille, le pouliot et en arrière plan, les étagères pour les gargoussiers des deux calibres.

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La cloison de la St Barbe vue au travers des barres d’écusson. Les gargoussiers pour les pièces de 8 £ avec leurs inscriptions en chiffres romains.

 


Le pont de la batterie

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Détail de la gatte garnie de feuilles de plomb. Le deuxième barrot du gaillard avant soutient l'étambrai  du mât de beaupré muni d'une mortaise servant à caler le mât.
Auprès de l'étrave une goujure sur la tête de l'étrave, contre-étrave et courbe de capucine forme le deuxième étambrai.
En avant l'ouverture pour l'écoutille de la fosse aux liens, destinée au maître d'équipage.

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 Les grandes bittes sont déjà mises en place depuis que la cale à été terminée, sur la Renommée les deux montants de bittes descendent encore jusqu'au fond de cale et leurs pieds reposent sur le vaigrage de fond renforcé par des courbatons. Sur le pont ils sont encore renforcés par des taquets qui vont de l'avant des bittes jusque sur la guirlande du pont, ils sont endentés et chevillés sur les baux qu'ils croisent. Transversalement, le traversin est endenté de 2 Po à dents couverts sur les bittes. La longueur de ce traversin est normalement égale à la distance qu'il y a de dehors en dehors des bittes, plus de chaque coté, une fois, la circonférence du maître câble.  Il est encore élevé au dessus du pont de 1/24ème de la largeur du maître bau qui est également la proportion de la circonférence du maitre câble.
L'habillage de la muraille débute par la vaigre sous la  batterie  dont le can  inférieur repose sur la gouttière, ces deux éléments de charpente contribuent à donner une liaison longitudinale efficace à l'ensemble du navire. On peut également observer que son can supérieur arrive généralement au niveau supérieur du seuillet des sabords.

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En  partie centrale, entre les hiloires, le pont est fermé par des caillebotis servant à la ventilation  de l'entrepont. Ils ont 1 Po ou 1 ½ Po plus de bouge que les baux du pont. Entre ces caillebotis on retrouve à l'avant,  le panneau de l'écoutille aux câbles, muni de deux échancrures pour le passage de ceux-ci. et en arrière le grand panneau donnant accès à la cale à eau.

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En arrière du grand panneau, une petite écoutille pour l'évacuation des fumées du four. Les bittons de grand hunier dont les montants sont disposés en oblique pour faciliter le passage des manœuvres dans ses réas. Vient ensuite le passage du grand mât avec deux pompes réglementaires pour les bâtiments de bas bord.
Entaillé à épaulette sur le bau arrière du grand mât, le sep de drisse suivi de l'échelle de d'équipage. Viennent ensuite le panneau aux vivres et l'étambrai du grand cabestan.

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L'ouverture pour le passage de la mèche du grand cabestan qui est pratiquée dans l'étambrai, a un  diamètre est égal à la circonférence du maître-câble qui est de la 24ème partie du maître couple. Chevillé sur le bau arrière de l'étambrai du cabestan, le traversin de linguet  avec ses deux linguets servant à immobiliser le cabestan.

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L'escalier d'état major donnant accès au carré des officiers ou de la fausse Sainte-Barbe. L'ouverture de l'écoutille aux poudres est placée entre les hiloires qui ont la même épaisseur en partie arrière que le bordage de ce pont.

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voit bien que ce passage est limité aussi bien en largeur qu’en hauteur. La position de la sole fixe la limite inférieure, tandis que la bauquière du gaillard détermine sa limite supérieure. Pour finir, à l'arrière le couronnement terminant le tableau par une double courbure.

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Vue d'ensemble du parc d' l'artillerie de la Renommée composée de pièces de 8 et de 4 livres.

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L'artillerie principale est composée par les pièces de 8 £, , la longueur du tube est de 8 Pi 9 Po, et son poids est de 2300 £.
Le gaillard arrière est armé de six pièces de 4 £, leur longueur est de 6 Pi 7 Po et pèsent chacun 1100 £.
L'affût est du  modèle  à sole pleine. Suivant Pierre Morineau, l'ensemble canon, affût et les ustensiles pèse 3913 £ 1/2 pour la pièce de 8. Celle de 4 pèse 2099 £ 1/2, soit environ la moitié de celle de 8.

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 La cuisine de l'équipage, composée de 4 montants recouverts de bordages de 3 Po, et renforcée à l'avant et à l'arrière par des planches assemblés en forme de croix de St-André,  Intérieurement, on voit la maçonnerie, renforcée par des bandes de fer munies de boucles servant à retenir  les  chaudières qui  reposent sur les barres du foyer. La face avant de la cuisine est munis de deux barres supportant la broche servant à la préparation des volailles.

La construction de la cuisine de l'Etat-major est pratiquement identique, la différence réside dans la préparation des repas.

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En haut à gauche, on voit les deux chaudières de l'équipage, la grande louche et l'écumoire sont repris dans l'inventaire des ustensiles de cuisine,

La batterie de casseroles servant à la préparation des repas de la table de l'Etat-major sont à charge du capitaine, pour cela celui-ci perçoit une indemnité pour couvrir les dépenses.

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Les cuisines prêtes à être installées sur le pont de la Renommée.

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Grand et petit cabestan munis de leurs barres. Les proportions de ceux ci découlent directement de la largeur du maître-bau.

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Vue d'ensemble du pont batterie équipé de ses canons de 8 livres.

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Mise en place des cuisines, à tribord celle de l'Etat-major, à bâbord celle de l'équipage.

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La cuisine est placée de telle façon à ne pas gêner  les servants de la première pièce  pour la mise en batterie de l'affût.

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Tribord; la cuisine de l'Etat-major.

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Vue de la batterie en dessous du gaillard avant. On voit bien le décrochage de quelques Po entre le barrot du gaillard et du passavant.

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La mise en place des 12 barres du grand cabestan montre bien l'envergure nécessaire pour de la manouvre de la tournevire lors de la remontée des ancres de la frégate.

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Vue en enfilade de la batterie en arrière du grand panneau, les bitons et le sep de drisse équipé de ses rouets de bronze.

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 Pour terminer cette série de photos, une autre vue d'ensemble du pont de batterie équipé de ses 26 canons de 8 livres.

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A suivre...

"Amarsenal" applique les principes de la loi vie privée du 8 décembre 1992.
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